CHARLEROI: Victoire pour Myriam DELY !
juin 2011. Myriam DELY a été acquittée purement et
simplement.
UREEL de Farciennes). Et c’ est un sale coup pour ces
flics qui n’ont pas réussi leur coup tordu à son
égard.
CHARLEROI
dans l’ EURO-DICTATURE capitaliste. Une Europe qui vire de plus en plus à droite
et à l’extrême-droite ultra-nationaliste, raciste et
fasciste.
Je vous avais parlé de l’incident
qui m’était arrivé en octobre dernier au marché de Châtelineau, en marge
d’un stand de la Plate-forme Charleroi-Palestine. J’avais été arrêtée
et détenue arbitrairement lors d’une grande opération policière, uniquement
pour avoir posé une question à un policier et avoir pris deux photos de
personnes d’origine étrangère, en état d’arrestation. J’avais été
fouillée (on m’a obligé d’enlever tous mes vêtements et je me suis
retrouvée en soutien-gorge et petite culotte face à deux policières) et on m’a
enfermée dans un cachot froid, sans lumière du jour, à moitié habillée
seulement. Suite à des pressions (deux avocats ont téléphoné au commissariat et
un camarade est venu voir le commissaire), j’ai été libérée après trois heures
de détention. Mon avocat Frédéric Ureel a déposé plainte auprès du
parquet du procureur du roi. Très rapidement, la plainte a été classée.
Mais, surprise : voilà que la police m’attaque pour « outrages aux
policiers ». Victime, voilà que je me retrouve au banc des accusés pour des
propos que je n’ai jamais tenus. Cela se passe le lundi 30 mai à 14 h, au
Palais de justice de Charleroi, tribunal correctionnel,
20e chambre. Bien sûr, vous êtes tous les bienvenus
! Et n’hésitez pas à faire circuler ce message…
Ci-dessous : un reportage de la
télévision régionale Télésambre :
Myriam
—– Original Message —–
From: Roger
Romain
Sent: Monday,
October 18, 2010 11:03 PM
Subject: BELGIQUE: Arrestation et détention arbitraire
dans le cadre d’une vaste opération policière au marché de
Châtelineau
Nos droits « démocratiques » ??? Ce n’
est pas à CUBA, c’ est en BELGIQUE, à Châtelineau
…
RoRo
Sent: Monday, October 18, 2010 10:55 AM
Subject:
Arrestation et détention arbitraire dans le cadre d’une vaste opération
policière au marché de Châtelineau
Samedi 16
octobre. Nous nous trouvons avec quelques membres de la Plate-forme
Charleroi-Palestine avec un stand au marché de Châtelineau.
Tout se passe bien, nous avons de multiples discussions avec les gens, très
réceptifs à nos arguments sur le boycott des produits israéliens.
Vers midi,
un hélicoptère tourne sans arrêt au-dessus de la place. Nous nous
demandons ce qui se passe. Un peu plus tard, une camionnette de la
police se fraie un chemin le long du marché, passant à proximité de notre
stand.
Puis un ami de la
Plate-forme vient nous dire : « Ils sont en train d’arrêter plein de
sans-papiers, là-bas. » Cela se passe dans une rue donnant sur le
marché, tout près de notre emplacement.
Je décide d’aller
voir. Là, derrière une camionnette de police, je vois quatre ou cinq personnes
alignées contre une grille, les mains menottées dans le dos. Je m’en vais un
peu plus loin, puis je reviens sur mes pas et je prends deux photos. Un
policier me dit, calmement, que je dois laisser la police faire son travail et
que je ne peux pas prendre de photos. Je demande pourquoi on arrête tous ces
gens. Il me répond qu’ils vendent des produits de contrefaçon.
Je m’éloigne, je
retourne au stand, la rage au coeur. Pourquoi s’en prend-on aux petits
vendeurs, souvent des sans-papiers n’ayant pas la possibilité de faire un
autre boulot, alors que ce ne sont pas eux qui font écouler la marchandise sur
le marché.
On discute
un peu au stand, et voilà qu’un commissaire de la police s’amène.
« Vous
pouvez venir une minute avec moi ? » Je le suis, un membre de la Plate-forme
le suit aussi. Le commissaire me dit : « Vous avez posé une question au
policier. Vous n’avez pas le droit de poser des questions. » « Vous avez pris
des photos aussi. On va vous entendre au commissariat. » Il appelle son « team
d’arrestation ». Trois ou quatre policiers en civil s’amènent très rapidement.
Ils me prennent de force, me soulèvent des deux côtés à la
fois.
On me pousse dans
la camionnette, on me prend mon GSM, mon appareil photo et on met tout cela
dans un sac en plastic. Dans la camionnette, il y a trois personnes arrêtées,
menottées. J’apprends que deux d’entre elles n’ont pas de papiers de séjour,
le troisième n’a pas de permis de travail.
J’entends par la
radio de la camionnette que l’opération d’arrestation se poursuit. Des
policiers en civil passent régulièrement près de la camionnette.Mon GSM sonne
tout le temps. Je demande de pouvoir répondre. « Vous n’en avez pas le droit,
vous êtes en détention administrative. »On ne part toujours pas. En fait, le
chauffeur attend du renfort…
Une des personnes
arrêtées supplie : « S’il vous plaît, éloignez-nous d’ici : les gens du marché
vont nous prendre pour des criminels… » Le policier du marché propose
d’accompagner la camionnette pour qu’enfin celle-ci puisse partir.
Nous arrivons au
commissariat de Châtelet. On nous amène dans un couloir. À gauche, il y a le
bureau d’« accueil ». À droite, des cellules où des jeunes d’origine étrangère
se trouvent par deux, les mains liées, derrière les barreaux. Il y a un
va-et-vient impressionnant, dans ce couloir. De nouveaux « arrivages » de
personnes arrêtées, de policiers en civil.
Un policier
particulièrement excité et très autoritaire (et je reste polie) donne les
ordres et décide qui va où.
Je suis « appelée »
dans ce bureau. Le policier hyper-excité se met à m’aboyer dessus. Je lui
réponds que je ne suis pas son chien. Vu que mon comportement n’est pas assez
collaborant, il m’accuse de « trouble de l’ordre public », « rébellion », «
outrage à policiers en fonction ». « Maintenant vous avez deux dossier
judicaires et vous êtes en détention judiciaire. » Le lendemain, un avocat me
dira qu’ils m’ont dit n’importe quoi. Je ne pouvais pas être en arrestation
judiciaire, parce que je n’avais pas vu un juge d’instruction.
Je dois enlever mon
bonnet, mon manteau, mes châles, mes sacs… Le policier donne l’ordre à une
collègue de me fouiller et envoie une deuxième policière pour l’accompagner
car « elle (moi, en fait) se rebelle ».
Je laisse faire la
fouille. (Je dois enlever les chaussures, les chaussettes, le jeans, le
T-shirt, le pull. Me mettre de face, me mettre de dos. Soulever le
soutien-gorge). Après, je dis aux policières qu’il n’est pas normal qu’on me
traite ainsi, uniquement parce que je pose une question et que je prends des
photos.
On m’amène dans un
bureau pour que je fasse une déclaration. Je le refuse. C’est mon droit. Les
policiers à qui j’ai affaire ne sont pas contraires. Je dis que je voudrais
déposer plainte. Ils me disent que j’ai le droit de déposer plainte au comité
P.
De retour à «
l’accueil », le policier hyper-excité ordonne qu’on m’emmène dans une cellule
en bas. Je vois de nouveaux visages de personnes arrêtées derrière les
barreaux. Il y a de nouveau plein de monde dans le couloir.
On m’emmène dans
les caves. Je dois enlever mes chaussures, on me fait entrer dans une cellule,
je dois enlever mon soutien-gorge. Le froid me tombe dessus. Je demande
d’avoir ma veste. « Vous n’avez pas le droit, il y a une couverture.
»
Cette cellule
ressemble plus à un cachot qu’à autre chose. Il n’y a pas de lumière de jour,
elle est à demi éclairée par un spot placé au-dessus de la porte d’acier. Un
banc, une toilette. 2 m sur 2 m 30. Il y fait très froid. Je ne peux pas
mettre les pieds à terre car le carrelage est très froid lui aussi. Je mets la
couverture autour de moi, des épaules jusqu’aux pieds et j’attends sur le
banc.
A un certain
moment, j’entends qu’un policier vient dans le couloir. Je tape avec mon coude
contre la porte d’acier : « Je veux téléphoner à mon mari et à un avocat. » «
Vous n’avez pas le droit, vous êtes en détention judiciaire. » Encore un qui
dit n’importe quoi.
Je reste au moins
deux heures dans cette cellule froide. Heureusement, en élevant la voix, je
peux échanger quelques mots avec la personne qui se trouve à côté. J’apprends
que c’est la personne qui était assise avec moi dans la camionnette. « Madame,
vous êtes là ? »… « Oui. »… « Putain !… ».
Je lui demande s’il
ne craint pas d’être expulsé. Il me dit que, la fois précédente, on l’a
relâché après quelques heures. J’espère pour lui que ce sera pareil
maintenant. « Patience, Madame, quelques heures… »
A nouveau, des pas
dans le couloir. Le commissaire qui a ordonné la détention administrative
ouvre la porte, accompagné de deux autres policiers. Il me dit que je peux
sortir. Je récupère mes affaires à « l’accueil ».
Mais je suis encore
amenée dans un autre bureau. Avec le commissaire, encore les deux mêmes
policiers qui sont venus jusqu’à la cellule, et un nouveau, en
civil.
Le commissaire
précise qu’il m’a mise en détention administrative, mais que cela n’a rien à
voir avec mes activités sur le marché. « Je ne vous ai pas non plus parlé de
photos. » Ce qui est manifestement faux. « Il y a trois dossiers contre vous :
celui du marché, rébellion, trouble de l’ordre public. »
Le « civil » dit
que son rôle est de protéger les policiers en fonction. Il me demande de voir
les photos pour constater s’il y a des policiers reconnaissables. Apparemment,
il faut protéger les indics.
Il montre une photo
que j’ai prise du stand de la Plate-forme. « Vous vendiez des objets à votre
échoppe ? » Je lui réponds que je n’ai rien à dire là-dessus. « Moi, je suis
passé à 8 h 35, vous vendiez de la marchandise. » « Alors cela, c’est votre
quatrième dossier. » Je lui ai répondu que c’est un grossier mensonge. En
réalité, nous étions sur place à 10 h 30. Il me rend l’appareil.
Les photos des
arrestations ne sont pas enlevées. Il faut dire qu’elles n’étaient pas très
réussies non plus.
Je m’adresse au
commissaire. « Je voudrais connaître votre identité. Je vais déposer plainte
contre vous. » Réponse : « Votre avocat n’a qu’à faire son travail.
»
Je suis reconduite
à la sortie. Il est 16 h 50. J’ai été arrêtée pendant 3 h 30.Je demande qu’on
me reconduise à Châtelineau, ma voiture se trouve trois ou quatre kilomètres
plus loin. Cela, c’est rêver, évidemment.
Ce n’est qu’une
fois chez moi, que j’apprends que des amis ont averti un avocat, lequel a
téléphoné au commissariat, et qu’un camarade est venu voir le commissaire pour
connaître la raison de ma détention. Ce sont probablement ces interventions
qui ont fait que j’ai été libérée plus tôt.
Tout au long de mon
« séjour », j’ai pu constater que certains policiers, en particulier ceux qui
sont responsables du marché, semblaient plus qu’embarrassés et n’étaient
visiblement pas d’accord avec les méthodes utilisées.
J’estime que ces
faits, me concernant, sont très graves, c’est une réelle atteinte aux droits
démocratiques (au même moment se déroulait une manifestation à Bruxelles sur
le même sujet) et je ne resterai pas les bras croisés.
Mais évidemment les
personnes arrêtées et qui sont d’origine étrangères ont subi un sort bien plus
dur que moi.
Je n’ai pas été
menottée (alors qu’on m’a dit que c’était la procédure). Je n’ai pas dû
m’inquiéter si j’allais être amenée dans un centre fermé et expulsée du pays.
J’ai encore pu répliquer aux aboiements de certains policiers, sans qu’on me
frappe. D’ailleurs, un policier m’a dit : « Vous avez vu qu’on a mis des
gants, lorsqu’on vous a amenée à la camionette. « Je n’allais pas vous
frapper, vous avez l’âge de ma mère. »
Il a oublié de dire
aussi que je suis « blanche » et que j’ai la nationalité belge.
Myriam De
Ly
—
—————————————————————————————————————————————-
Pour soutenir l’action de la Plate-forme
Charleroi-Palestine,
versez au compte 751 – 2043879 –
32
Sur le site www.pourlapalestine.be, des infos, des
analyses, des vidéos… chaque jour !
—————————————————————————————————————————————-
Pour
en savoir un peu plus, n’hésitez pas à cliquer sur mes liens et/ou à vous
inscrire volontairement …
http://romainroger.blogspot.com/
http://courcelles.skynetblogs.be/
http://www.facebook.com/RomainRogerdeCourcelles
http://romaincourcelles.org/author/romaincourcelles/
http://en.gravatar.com/romaincourcelles
http://www.taxedesmillionnaires.be/
http://fr.netlog.com/rogerromain
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Comments are closed